Tendances et enjeux de la 6ème période des CEE (2026-2030) : ce que doivent anticiper les acteurs du marché
- Hervé Zandrowicz
- 16 juil.
- 2 min de lecture
Alors que la 6ème période du dispositif des Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) démarrera officiellement le 1er janvier 2026, les contours de cette nouvelle phase se précisent. Avec des objectifs européens toujours plus ambitieux en matière de réduction des émissions et de la consommation énergétique, la P6 s'annonce comme une période de transformation structurelle pour tous les acteurs du marché. Voici les grandes tendances à retenir.

1. Un cadre européen plus exigeant
La 6ème période s'inscrit dans un contexte de transition énergétique européenne renforcée :
Réduction de 55 % des émissions de GES d'ici 2030 (par rapport à 1990)
Réduction de 11,7 % de la consommation d’énergie finale (base 2020)
Objectif de 42,5 % d’EnR dans le mix énergétique européen Ces ambitions se traduisent par un renforcement du niveau d’obligation du dispositif CEE.
2. Une obligation annuelle en forte hausse

Les concertations en cours préfigurent une augmentation significative de l’obligation annuelle, avec des projections allant de 825 TWhc à 1 600 TWhc par an. Cette hausse vise à assurer un apport majeur du dispositif dans la trajectoire d’économies d’énergie exigée par l’UE. Le coût annuel du dispositif pourrait ainsi dépasser les 2,8 milliards d’euros, dont 560 millions réservés à la lutte contre la précarité énergétique.
3. Un marché en mutation : prix et stocks en hausse

Depuis 2024, le marché CEE montre des signes de tension :
En 2025, les prix des CEE classiques se négociaient autour de 8,11 €/MWhc à 9.05 €/MWhc (en juin 2025), tandis que les CEE précarité franchissaient les 10 €/MWhc pour atteindre 14,9 €/MWhc.
Les stocks en attente d’instruction sont historiquement élevés : 300 TWhc en classique, 128 TWhc en précarité. Ces niveaux reflètent à la fois une activité intense et une complexification des procédures d’instruction.
4. Une complexification du dispositif

La P6 s’annonce riche en bonifications ciblées (mobilité, accompagnement, MaPrimeRénov’), mais aussi plus exigeante :
Multiplication des règles et formats de preuves
Contrôles renforcés, focus sur les résultats réels
Risques accrus de non-conformité pour les obligés et mandataires L’ADEME et la Cour des comptes insistent sur la nécessité de fiabiliser les économies réalisées.
5. Vers une gouvernance renforcée et plus transparente
La préparation de la P6 s’accompagne d’un renforcement de la gouvernance :
Arbitrages attendus mi-2025 sur les niveaux d’obligation et modalités
Mise en place d’indicateurs d’impact et de performance
Objectif de simplification sans perte de rigueur
6. Opportunités et vigilance pour les mandataires

Pour les mandataires, la P6 représente une double réalité :
Opportunités de volumes et de services accrus
Nécessité de renforcer les compétences réglementaires et le suivi qualité
Un pilotage stratégique, prévoyant et documenté sera indispensable pour réussir dans ce nouveau cycle.

La 6ème période des CEE marque un tournant majeur. Elle appelle à une mobilisation généralisée, à une rigueur accrue et à une responsabilisation rapide des acteurs du marché. Pour les mandataires, cette période est autant une chance qu'un défi : à condition d'en comprendre les ressorts dès aujourd’hui.
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